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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 08:25

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Tome 2 - Episode 32



      Ils n’avaient pas échangé une parole depuis leur départ du volcan. Ils étaient tous enlisés dans des pensées que seule l’inquiétude semblait dicter, celle de savoir ce qui avait bien pu se passer à Indiava, celle de savoir ce qu’ils allaient découvrir au refuge, celle de savoir ce qu’ils allaient rencontrer en cours de route.
   Shavia menait les slaks d’une main ferme. Elle voulait faire le plus possible de route avant la tombée de la nuit. Ils avaient encore trois heures devant eux et elle tenait à en profiter au maximum. Voyager une fois le soleil couché n’était pas habituel chez les Dariens. Moins ils auraient à le faire, mieux cela vaudrait.
   Après les terres tranquilles qui s’étendaient autour du volcan, ils finirent par rejoindre le réseau routier zorgien. C’était un passage obligé s’ils voulaient perdre le moins de temps possible. C’est en tous cas ce qu’avait dit la jeune Sarthmors lorsqu’elle y avait engagé leur charrette. Geln n’était pas vraiment à l’aise. Plus ils avançaient, plus la circulation se densifiait.
   - On va contourner la ville de Saona, ensuite on pourra reprendre les petits chemins.
   Elle avait omis de préciser une chose : prendre la direction de cette petite ville les amènerait à effleurer le conté dont le sanctuaire était le joyau. La probabilité de rencontrer la police, voire de subir un contrôle, était quasi absolue. Elle leur faisait prendre un grand risque, elle le savait, mais elle comptait sur la protection des bracelets offerts par Prilor pour passer au travers.
   - Ca devient plus animé par ici, murmura Geln en voyant deux hélicars passer au-dessus de leurs têtes.
   La présence militaire était de plus en plus évidente. Les Zorgiens avaient établi une zone de recherche assez vaste, c’était un fait. Malgré tout, il ne pouvait s’empêcher d’avoir cette impression qu’ils ne savaient pas trop comment la gérer. Pour Colis, ce peuple était doté d’une haute technologie mais, à ces yeux, tout cela restait rudimentaire. Ils ne pouvaient pas ratisser chaque centimètre carré de la région. Ils n’étaient pas assez nombreux, n’en avaient pas les moyens techniques. Geln s’en réjouit. S’ils n’avaient pu repérer les fugitifs jusqu’à présent, il y avait peu de chance qu’ils y parviennent désormais. 
   - On approche d’un contrôle...., avertit Shavia.
   - Et bien... On va voir si ces bracelets sont aussi « parfaits » que ça..., appondit Geln.
   Prilor avait eu raison de confier leur voyage aux mains de Shavia. Le soldat zorgien leur lança un regard à peine intéressé lorsque leur charrette s’arrêta à la hauteur du barrage provisoire. Pendant que l’un de ses collègues faisaient le tour de l’attelage, il s’approcha de la banquette pour poser les questions habituelles : d’où ils venaient, où ils allaient, pourquoi. Apparemment satisfait par leurs réponses, et puisque son coéquipier lui avait indiqué d’un simple signe qu’il n’avait rien vu d’anormal, il leur demanda de présenter leur bracelet. Geln regarda l’appareil portable s’approcher du poignet de Shavia l’estomac noué. C’était l’heure de vérité. L’homme regarda l’écran de son appareil, pressa une ou deux touches puis releva la tête.
   - Suivant...
   Geln faillit sursauter. Manque de confiance ou nervosité extrême, il n’avait pas réalisé tout de suite que le bracelet avait parfaitement réagi. Agacée de ne pas le voir bouger, Shavia lui donna un petit coup de coude dans les côtes.
   - Désolé..., fit-il en tendant son bras vers le soldat qui montrait déjà des marques d’impatience.
   Le contrôle fut une routine, tout comme ce fut le cas pour celui de Leah. Leur soulagement aurait pu être palpable, mais ils firent de leur mieux pour n’en rien laisser paraître.
   - Allez-y ! ordonna le Zorgien avant de se concentrer déjà sur le véhicule suivant.
   Shavia ne se le fit pas dire deux fois. D’un claquement de rennes sur le dos des slaks, elle fit démarrer l’attelage.
   - Ce Telnas est un génie..., murmura Geln lorsque la distance avec le barrage fut suffisante.
   Malgré un passage par des chemins de traverse, l’heure qui suivit leur offrit deux autres contrôles. Ils les prirent cette fois avec plus de philosophie. On ne leur portait jamais un grand intérêt et leurs « laissez-passer » fonctionnaient à merveille.
   La nuit était en train de tomber lorsqu’un dernier hélicar passa au-dessus de leur tête, filant droit dans le soleil couchant. Il fut comme un point final à la présence zorgienne sur leur route. Ils ne croisèrent ensuite plus aucun véhicule de la police, quel qu’il soit. Le calme d’une nature peu à peu en train de s’endormir reprit tous ses droits, leur offrant le luxe d’une fin de voyage tranquille.
   - On arrive, fit Shavia en devinant au loin les courbes de la bergerie caressées par les deux lunes.
   Leah ne put quitter la maisonnette des yeux. A chaque pas des slaks, son estomac semblait se nouer un peu plus. Y avait-il beaucoup de blessés ? Dans quel était allait-elle retrouver Mark ? Ces deux seules questions occupaient ses pensées, rendant l’attente de la découverte courte et longue à la fois.
   De garde pour cette première partie de nuit, Davar remarqua très vite l’approche de ce char sur le seul chemin qui menait jusqu’à eux.
   - Ils arrivent ! lança-t-il par la porte restée ouverte avant de filer vers la grange.
   Graig prit un flambeau qu’il alluma au feu de la cheminée puis partit à leur rencontre. Ses sentiments étaient mitigés. Il était soulagé de les voir arriver, surtout pour Mark, mais il savait qu’il lui faudrait leur expliquer cette journée infernale et, de cela, il n’avait nulle envie.
   - Joli coin ! fit Geln en sautant à terre.
   Graig eut un léger sourire. Il n’aimait pas les situations tendues et s’en défendait toujours avec un peu d’humour. Il n’y avait pas de raison qu’il fasse exception aujourd’hui.
   - C’est assez bucolique, répondit-il dans la même veine tandis que son compagnon aidait Leah à descendre du char. 
   Croiser le regard de la jeune femme suffit à le ramener au vif du sujet. Il fit un mouvement de tête vers la bergerie.
   - Il est dedans.
   - Va-y, ajouta aussitôt Geln. Je t’apporte tes affaires. Ah, au fait, reprit-il alors que leur « guide » les rejoignait. Voici Shavia.
   - Vous voulez un coup de main ? demanda Graig en la voyant s’emparer des rennes.
   La jeune Sarthmors secoua la tête.
   - Non, ça va aller...
   - C’est bon, j’ai tout, fit Geln après avoir récupérer le matériel caché dans le double-fond. Dis..., reprit-il alors que tous deux se mettaient en marche. C’est grave ?
   - Et bien... c’est spécial...
   A quelques mètres devant, Leah n’avait pu s’empêcher de ralentir, marquant même un temps d’arrêt avant de franchir la porte. Une boule d’angoisse était venue se lover dans sa gorge à l’instant où elle avait aperçu ce corps allongé sur le lit. Il lui fallait pourtant savoir. Elle traversa la pièce, le cœur battant. Elle s’était préparée à beaucoup de chose, sauf à cela.
   - Mon Dieu..., se dit-elle effarée.
   La brûlure était terrible, ses effets frappants.
   - Oh merde... bin ça alors !
   L’exclamation de Geln la ramena à la réalité. Elle se saisit du sac qu’il avait posé à terre et en sortir un pot emplie d’un gel liquide dans lequel elle plongea un tissus stérilisé. Pendant que le bout d’étoffe se gorgeait de produit, elle s’assit au bord du lit et posa les mains sur son visage, doucement.
   - Mark, tu m’entends ? Je vais mettre une compresse de d’Xyzium sur la brûlure avant de passer le diagnostiqueur. Ca va d’abord la faire réagir, mais après ça va s’anesthésier un peu... Tu as compris... ?
   Il approuva d’un léger mouvement de tête.
   - Tu n’aurais jamais dû venir...
   - J’ai déjà fait pire..., répliqua-t-elle simplement.
   Le premier contact du Xyzium sur la peau brûlée fut assez violent. La douleur le fit sursauter, mais le temps de reprendre son souffle, le produit faisait déjà son effet. C’était presque magique. L’étau de cette morsure infernale qu’il supportait depuis des heures relâcha son étreinte au point de n’être plus que l’ombre d’elle-même.
   Satisfaite de le voir s’apaiser, Leah s’empara de son diagnostiqueur, sorte de bâton plat d’une vingtaine de centimètre de long. Elle le passa lentement sur son visage. Un signal l’informa lorsque les données furent suffisantes. Elle pressa quelques touches et regarda l’écran où venait de s’inscrire les premières données médicales.
   - Ca donne quoi ? demanda Graig juste derrière elle.
   - L’infection est déjà en train de s’étendre. Quelques heures de plus et c’était terminé...
   Elle n’avait pas cessé de lire alors qu’elle lui répondait, mais finit par se taire. Le front barré d’un pli soucieux, elle compulsa les informations de l’appareil, exigeant par quelques touches des données plus précises. Son silence dura, trop peut-être...
   - Alors ? fit Mark
   Leah le fixa un instant, indécise.
   - Le nerf optique est brûlé, lâcha-t-elle finalement. Je...
   - C’est bon.  J’ai compris...
   Il l’avait coupée nette. Elle n’en fut pas étonnée mais se sentit mal à l’aise au ton de sa voix. Elle n’avait pourtant pas le temps de s’éterniser sur la question. Il fallait le soigner, et vite.
   - Je vais te faire deux injections tout de suite et je devrai les répéter plus tard dans la nuit.
   Elle espérait qu’il n’était pas déjà trop tard pour enrayer l’infection mais n’en dit mot.
   - Laisse tomber le cicatriseur. C’est inutile de le vider pour rien. On pourrait en avoir besoin.
   Leah ne dit rien. L’idée ne lui plaisait pas. Le cicatriseur ne pouvait peut-être rien pour ses yeux mais, sans lui, il faudrait des mois pour guérir sa blessure. Au-delà de la perte de temps, elle savait que le risque de complication subsisterait, surtout dans ce monde si différent du leur. 
   Une à une, elle prit les deux seringues dont elle fit passer le contenu dans son corps par la simple pression du doigt sur son extrémité. Elle était en train de reposer la seconde lorsque son regard tomba sur un troisième tube. Un calmant, assez puissant. Son hésitation n’eut l’existence que d’un léger soupir. Elle le prit entre ses doigts et en injecta le contenu. L’effet fut rapide. Entre la surprise de cette troisième pression sur son ventre et cette somnolence qui le gagnait déjà, Mark sut qu’elle avait une idée derrière la tête.
   - Laisse tomber...., lâcha-t-il dans un souffle avant de céder au dictat des calmants.
   - Pas question, murmura-t-elle en déposant un baiser sur ses lèvres. Repose-toi, je m’occupe du reste.
   Elle venait de se tourner vers le sac posé derrière elle lorsque son regard croisa celui de Graig. Il avait entendu leur petite conversation et savait ce qu’elle avait l’intention de faire malgré tout. Un léger sourire effleura ses lèvres. Elle l’en remercia de même et continua à chercher le cicatriseur tandis qu’il reprenait le chemin de la table où Shavia venait de s’installer avec Geln et Davar.
   - Bon ! lança Geln à son arrivée. Si vous nous disiez où sont passés les autres et ce qui est arrivé au temple ?
   Davar glissa un regard vers Graig avant de secouer la tête. Non, il n’avait pas l’intention de dire quoi que ce soit.
   - Dlivas et Glikor sont morts, Daran s’est évaporé dans la nature quant à ce temple, au temple, on s’est fait avoir en beauté.
   Il n’avait pas eu envie de tergiverser. A quoi bon ? Sa réponse franche et directe braqua tous les regards sur lui. Même Leah s’était interrompue dans la mise en place du cicatriseur. Il soupira. Il avait bien compris leur question muette, mais comment leur expliquer cette journée, comment leur dire ce qu’Alen avait fait. Il n’y avait aucune « bonne manière » de raconter tout ça. Il se contenta d’une vérité crue qui laissa un lourd silence derrière elle.
   - De mieux en mieux..., murmura Geln en se levant.
   Il avait soudain ressenti le besoin de prendre l’air.
   - Ca va ? demanda Leah d’une voix douce en posant la main sur l’épaule de Graig.
   Surpris, il la dévisagea un instant en silence. Dans sa bouche, cette question banale allait bien au-delà des mots. Alors qu’il essayait de le tenir à distance, elle avait deviné ce mal être qui l’habitait depuis l’épisode du temple. Il laissa échapper un soupir. En tant que velganienne, il savait combien ses descriptions avaient dû la choquer et pourtant c’est pour lui qu’elle s’inquiétait. Il s’en voulait presque.
   - Ca va aller..., répondit-il dans un maigre sourire. Et pour lui ?
   Leah s’assit puis jeta un œil sur le lit.
   - Pour l’instant, il n’y a plus grand-chose à faire. D’ici deux ou trois heures, je verrai si la première série d’injections a fait effet. Si oui, il suffira de recommencer toute les quatre heures.
   Si non, ils auraient un problème. Mais y avait-il besoin de le signaler ?
   - Et pour ses yeux...
   Elle fit un léger signe négatif de la tête sans pour autant détourner son attention du blessé.
   - Je ne sais même pas si on aurait pu y faire quelque chose chez nous, alors ici...
   Constatation qui fut suivie d’un nouveau silence, long. Shavia décida d’y mettre un terme en s’inquiétant du rythme des tours de garde avant de signaler qu’elle allait s’installer dans la grange pour prendre un peu de repos. Davar la suivit puisque Geln s’était de fait octroyé son tour.
   Au rythme des va-et-vient des uns et des autres, pris entre les exigences de la surveillance, quelques insomnies latentes ou les soins médicaux, la nuit glissa doucement vers sa fin.
   Réveillé par l’échange de garde entre Shavia et Davar, Graig décida d’aller grignoter quelque chose en attendant de retrouver le sommeil. Il jeta un œil automatique vers le lit lorsqu’il entra dans la pièce. Il avait beau y être habitué, l’effet du cicatriseur était toujours aussi impressionnant. Il y a plus de six heures maintenant qu’il déployait ses rayons, gommant seconde après seconde les morsures d’une brûlure terrifiante. Quiconque aurait vu Mark à cet instant aurait été incapable de croire à quel point il était encore défiguré en début de nuit.
   - Comment il va ? demanda-t-il en s’arrêtant à la hauteur de Leah assise au bord du lit.
   - Ca va aller, le plus gros est passé...
   Graig hésita avant de reprendre.
   - Tu sais... Il a raison sur un point... Ce serait mieux de ne pas vider le cicatriseur...
   D’autant plus qu’il avait déjà largement fait son œuvre.
   - Je sais, répondit Leah sans le regarder. Je vais l’arrêter...
   Il aurait fallu encore un peu de temps pour que la peau soit entièrement reconstituée. Même si la majeure partie de la brûlure avait disparu, elle était encore fragile et un rien serait capable de relancer une infection. Pour l’éviter, Leah se lança dans la conception d’un bandage consciencieux après avoir appliqué un gel protecteur sur tout ce qui avait été touché. Toujours sous le jouc des médicaments et des calmants, Mark fut un patient parfait. Lorsqu’elle eut terminé, elle déposa un baiser sur ses lèvres puis regagna la grange. Graig lui ayant promis de veiller sur lui, elle avait accepté d’aller se reposer jusqu’au lever du soleil.
   L’aurore venait de s’annoncer d’une ligne orangée sur l’horizon lorsque Mark se réveilla dans un sursaut. Assis sur son lit, il lui fallut plusieurs secondes pour reconstruire le fil de ses derniers souvenirs. Pris dans le sillage de sa lucidité retrouvée, toutes les images revinrent pêle-mêle, lui faisant presque regretter son état d’inconscience. Il posa la main sur ce bandage qui lui couvrait les yeux. L’absence de douleur criait l’évidence de l’utilisation du cicatriseur. Il secoua la tête d’un air las. Elle n’en ferait jamais qu’à sa tête.
   Il avait envie de bouger de là. Trouver le bord du lit fut facile, mais un problème de taille s’imposa à l’instant où ses pieds touchèrent terre : par où aller ? Il n’avait aucune idée de l’endroit où il se trouvait, aucune idée de la configuration des lieux, aucune idée du chemin à prendre... De cette somme d’inconnues naquit une sensation d’oppression désagréable. Ses doigts se refermèrent autour des draps en un poing crispé. Il venait d’effleurer les contours d’une nouvelle réalité dont il n’avait pas envie d’entendre parler mais qui, elle, n’avait pas l’intention de capituler.
   Tiré d’une somnolence qui l’avait avachi sur sa chaise, Graig jeta un œil hagard autour de lui.
   - Oh ? T’es réveillé ?..., laissa-t-il échapper lorsque son regard se posa sur lui. Ca va ?
   - Faut que je prenne l’air..., répliqua Mark d’une voix sourde.
   Comprenant intuitivement le souci qui l’en empêchait, Graig préféra une approche « naïve ».
   - La porte est droit devant toi, à une dizaine de pas, fit-il en quittant sa chaise. Mais comme je dois de toute façon aller prendre mon tour de garde, poursuivit-il en s’approchant de lui. Je t’y emmène si tu veux...
   Mark approuva d’un très léger mouvement de tête avant de se lever. Attrapant sa main au passage, Graig la posa sur son épaule puis partit en direction de la porte tout en donnant deux ou trois explications sur l’endroit où ils avaient été emmenés.
   - Et voilà, fit-il en passant la porte. Nous voilà donc en pleine campagne, entourés de petits bêtes dont je ne saurais te dire l’utilité. Y’en a partout, mais tu dois sûrement entendre les cloches qu’elles portent autour du cou... Davar, tu peux y aller, reprit-il après lui avoir imposé le silence d’un geste de la main. Je prends la suite.
   Le jeune Sarthmors le fixa d’un œil perplexe. Il venait juste de commencer son tour de garde, alors pourquoi venait-il le relever maintenant ? Agacé, Graig lui intima l’ordre, toujours muet, de filer de là. Comprenant enfin qu’il n’était pas le bienvenu, Davar repartit vers la grange sans insister. Finalement, dormir un peu plus lui convenait tout à fait.
   - Y’a une barrière devant toi, fit Graig en s’arrêtant vers l’une des poutres de soutien d’un petit avant-toit qui garnissait tout ce côté de la bergerie.
   Mark s’appuya sur le billot de bois avant de prendre une profond inspiration. L’air était frais, parfumé de rosé, habité des senteurs d’une nature en réveil, mais il ne le remarqua pas. Il avait juste envie de se débarrasser de ce poids.
   - D’après Geln, les moyens des recherches des Zorgiens restent basiques et il parait que les nouveaux bracelets passent les contrôles. Le retour au volcan devrait être moins compliqué que prévu...
   Graig ne laissa pas ce silence prendre ses aises. Il y avait une question qui titillait sa curiosité depuis un bon moment et même s’il n’était pas certain qu’aborder le sujet du temple soit une bonne idée, il ne résista pas longtemps. 
   - Dis... Ce n’est pas à nous que tu disais de filer n’est-ce pas ?
   Mark secoua la tête.
   - Benji était au temple avec cette fille... Salina.
   - Comment tu l’as su ?
   - C’est elle qui a pris contact avec moi. Elle est télépathe. Elle tenait absolument à me faire savoir que Benji y était pour rien... Comme si je ne le savais pas..., termina-t-il dans un murmure.
   Graig laissa échapper un soupir entendu.
   - Bon sang, reprit Mark d’une voix sourde teinté de colère. Le piège était énorme et j’ai foncé droit dedans...
   - Nous, les Sarthmors, on a tous foncé dedans ! Tout tenait parfaitement la route. Comment voulais-tu imaginer un truc pareil ? 
   Il se tut, coupé par cette pensée subite : lui s’était montré réticent. Cela l’avait étonné d’ailleurs. Il venait juste de s’en souvenir. 
   - Et puis c’était Benji ! reprit-il comme pour couper court à cette idée. Je ne sais pas comment ils ont fait ça, mais on parlait vraiment avec lui. Y’a rien qui pouvait nous laisser penser autre chose !
   - Je sentais qu’il y avait un truc qui clochait. Jamais je n’aurais dû passer par-dessus ça... J’ai jamais fait un truc pareil avant...
   - A ce compte-là, on est bien plus responsables. Nous, on ne s’est même pas posé de question. De toute façon, personne n’est infaillible...
   - Dis pas de connerie, répliqua Mark d’un ton sec. Je ne parle pas de ça et tu le sais très bien. Si je faisais ce genre d’erreur dans notre monde, il y a longtemps que je serais mort !
   Que répondre à cela ? Graig n’essaya même pas.


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Texte sous protection juridique auprès de Copyright France (12 mars 2008)

 

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Published by Sandy - dans Mes "oeuvres"
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commentaires

yetirel 12/07/2009 21:29

Eh oui, avec l'épisode 32 ça ne s'arrange pas pour Mark, à croire que l'auteure savoure de faire souffrir son héros à ce point...pas de pitié pour Mark...! heureusement que Leah est auprès de lui. Vivement l'épisode 33, il y aura peut être du meilleur pour nos aventuriers, enfin...on peut toujours espérer.

Sandy 14/07/2009 21:11


bin il est pas sorti du sable !!