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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 18:14

Episode 6



 

   Protégé par son onde d'invisibilité, le Phoenix put survoler la base en toute discrétion. Après avoir glissé au-dessus des cargos parfaitement rangés les uns à côtés des autres, il se stabilisa à la verticale du premier objectif de ses passagers afin de leur permettre de sauter sur le toit de l'usine.
    Vêtus d'une combinaison noire, les deux rebelles se faufilèrent jusqu'à l'autre extrémité du bâtiment, se fondant dans l'obscurité. D'un simple coup œil par-dessus le parapet du toit, ils repérèrent l'exact emplacement des deux gardes de faction devant le sas d'accès de l'usine puis, une fois l'obstacle effacé dans le plus parfait silence, ils redescendirent vers la terre ferme au moyen d'une corde de tilium.
    L'ordinateur intégré à son brassard fut pour beaucoup dans la découverte du code d'accès de l'usine dont le pan du sas coulissa bientôt devant eux. Laser au poing, Cobra passa le premier pour s'assurer que les lieux étaient vides avant de revenir donner un coup de main à son compagnon pour entrer les corps des deux gardes fraîchement éliminé.
    - C'est là, fit Shane en désignant une gigantesque cuve qui emplissait presque le tiers du bâtiment à elle seule.
    Cobra approuva d'un signe de tête puis prit un objet de forme ronde accroché à sa ceinture et le lui tendit. Shane le déposa avec délicatesse contre la paroi après avoir programmé un compte-à-rebours de quinze minutes et pressé la touche de mise en marche.
    - Bon, fit Mark en jetant un œil vers sa montre. Dès que tu auras terminé avec les cargos, tu rejoindras le Phoenix et tu viendras me chercher au-dessus du bâtiment central.
    - Le bâtiment central ? répéta Shane interloqué. Pourquoi là-bas ?
    - C'est là que se trouve l'ordinateur principal et c'est le seul endroit où je pourrais avoir une chance de trouver les plans de cette fameuse pyramide.
    C'était la seule façon de savoir une fois pour toutes à quoi était destinée cette curieuse station spatiale et il n'avait pas l'intention de repartir sans avoir essayé de leur mettre la main dessus. Dans le cas contraire, la destruction de l'ancien chantier et cette nouvelle attaque pourrait bien un jour se révéler n'avoir été qu'un coup d'épée dans l'eau.
    Il aurait été difficile de dire que Shane ait été enthousiasmé par ce petit changement de programme, mais à quoi bon faire part de ses réserves. Cobra ne l'écouterait pas, il le savait bien. Il s'abstint donc de tout commentaire et se contenta d'un soupir de résignation tout en le suivant hors de l'usine.
    Après avoir refermé le sas sur eux et court-circuiter le panneau de contrôle, les deux hommes se séparèrent en silence pour se diriger chacun au pas de course vers le vaisseau Alpha qu'ils s'étaient assignés. Toujours en train de jouer à cache-cache avec les patrouilles de surveillance, ils parvinrent l'un et l'autre à atteindre leur objectif sans avoir eu à éliminer un seul garde. Cette discrétion facilita grandement leur infiltration, car à aucun moment ils n'eurent à craindre que l'on donne l'alerte trop tôt à cause de la découverte du corps inanimé d'un milicien.
    Bien que d'une taille suffisante pour loger leur équipage au grand complet, les Alpha était généralement vide une fois au sol. Ceux qui voyageaient constamment à leur bord préféraient de loin pouvoir dormir dans une vraie chambre lorsqu'ils étaient à terre. Ainsi, à part la sentinelle postée au-bas de la rampe d'accès encore ouverte malgré l'heure tardive et deux ou trois homme décidés à régler quelques petits détails pendant qu'il n'y avait personne pour les déranger, les deux vaisseaux et leurs alentours n'étaient que très peu fréquentés.
    Grace à leur parfaite connaissance des us et coutumes des Territoires Interdits, Shane et Cobra savaient qu'après minuit heure locale, plus personne n'était autorisé à se balader dans une base sans motif valable. La milice obéissant aux règles comme n'importe quel autre clan, les derniers occupants des Alpha devraient normalement quitter leur bord afin que les sentinelles puissent refermer les rampes d'accès et regagner un autre poste de garde. C'était précisément ce que tous deux attendaient maintenant, non sans espérer que ce petit monde serait aussi ponctuel que d'ordinaire.
Le conditionnement des règlements faisaient décidément des miracles. A minuit pile, les rampes d'accès des deux vaisseaux s'élevèrent dans la nuit, silencieuses, alors que les sentinelles s'en éloignaient d’un pas tranquille. Les prenant par surprise, les deux rebelles les mirent hors d'état de nuire dans un parfait silence. Sitôt le boîtier de commande d'ouverture à distance des rampes ramassé, tous deux se dépêchèrent de traîner les corps inanimés à l'intérieur des appareils.
    - Voilà une bonne chose de faite, murmura Shane en regardant la rampe se relever une dernière fois, effaçant par la même toute trace capable d'alerter un quelconque passant.
    Tout s'était passé très vite et, pourtant, il ne leur restait plus que sept minutes avant l'explosion de la charge posée dans l'usine, constatation qui les poussa à regagner le poste de contrôle au pas de course. Tandis qu'il en franchissait le sas, Mark jeta un œil autour de lui afin de repérer le terminal dont il avait besoin pour enclencher l'autodestruction. L'aide de son ordinateur lui étant indispensable pour trouver le code d'accès, il y connecta son brassard dès qu'il l'eut repéré. Malgré ses capacités, Arak mit plus de trois minutes pour parvenir à un résultat probant, mais il faut dire que Shane lui avait demandée de faire pareil presque en même temps et il s'était retrouvé avec une double recherche sur les circuits.
    Les yeux rivés sur sa montre, Cobra attendit qu'il ne reste plus que trois minutes exactement avant la destruction de la réserve d'énergie pour enclencher le compte-à-rebours. Le vaisseau exploserait ainsi pratiquement de concert avec l'usine. Dès que ce fut chose faite, il envoya le signal convenu aux quatre appareils rebelles : il était temps pour eux d'entrer en scène.
Contrairement au pirate, Shane n'entra pas tout de suite le code dans le terminal. Lui devrait d’abord utiliser la puissance de feux du vaisseau pour éliminer les cargos stationnés tout autour. Il s'installa donc confortablement face la console des lasers tandis que Cobra courait maintenant vers le bâtiment central de la base puis attendit patiemment que le feu d'artifice commence pour engager sa propre œuvre de destruction.
   A l'instant même où Mark arrivait en vue de son objectif, deux gigantesques explosions survenues à quelques secondes d'intervalle firent trembler le sol. Leur souffle, si puissant, détruisit tout sur des centaines de mètres alors que d'énormes gerbes de flammes embrasaient le ciel noir d'une nuit sans lune. Séparé d'elles par un véritable rempart de bâtiments, le centre de la base ne fut pas gravement atteint. En fait, seules les premières rangées d'immeubles plantées en bordure du spatioport s'écroulèrent sur elles-mêmes, laissant les autres trembler sur leur base alors que tout ce qui était vitré volait en éclat. Très vite, un épais nuage de fumée et de poussière envahit la zone.
    Quelques secondes plus tard, une sirène d'alarme résonna sur l'ensemble de la base. Son sifflement strident fut parfaitement inutile. Tirés de leur lit par les explosions, la plupart des miliciens étaient déjà en train de courir dans tous les sens. Paniqués, certains ne savaient en fait trop quoi faire alors que d'autres tentaient de rejoindre leurs chasseurs, stimulés par l'apparition remarquée des quatre vaisseaux rebelles désormais en train d'inonder les miradors de salves lasers.
    La deuxième phase de l'opération venait tout juste de commencer. Non loin des quatre rebelles désignés pour s'emparer d'au moins deux des quatre tours, le Phoenix travaillait consciencieusement à la destruction tant des derniers moyens de défense encore en activités que des appareils ennemis toujours paralysés au sol. De leur côté, ni Shane ni Cobra ne chômèrent et, tandis que l’un s'amusait comme un fou avec les puissants lasers du vaisseau Alpha, l’autre pénétrait dans le bâtiment central avec une déconcertante facilité, les gardes ayant désertés les postes de garde dès la première explosion.
    Grâce aux indications d'Arak transformé en guide dans ce dédale de couloirs qui transperçaient l'immeuble de part en part, Cobra parvint assez vite à la salle de l'ordinateur principal. Conscient que les destructions successives des cargos allaient finir par provoquer un véritable cataclysme à la seconde où les réserves d'énergie individuelles des bâtiments importants seraient à leurs tours gagnés par les flammes, il ne perdit pas un temps précieux à rechercher les renseignements exacts dont il avait besoin dans la multitude de mémoires de l'ordinateur. Une fois son brassard branché directement sur la console principale, il demanda à Arak de faire une copie de tout ce qui pouvait s'y trouver sans faire le détail, se disant qu'avec un peu de chance, cela leur permettrait d'apprendre une ou deux petites choses intéressantes sur la nouvelle Horde.
    Il savait que la duplication des mémoires de l'ordinateur principal prendrait du temps, malgré tout, il ne chercha pas à y couper court trop tôt, ne voulant pas se contenter que d'une partie. Lorsqu'il ressortit de l'immeuble cinq bonnes minutes plus tard, les rebelles descendus à terre avaient déjà regagné leurs appareils. Les miradors commençaient à être dangereusement cernés par les flammes et, secouée de toute part par les explosions des réserves d'énergies, des navettes de terre et autres engins du même type, la base ressemblait désormais à une espèce d'îles volcanique en pleine autodestruction. Bien qu'aucun éclairage ne fonctionne plus, on aurait presque pu y voir comme en plein jour si la fumée et la poussière n'obstruaient pas la luminosité des incendies en train de ravager le complexe.
    La destruction du dernier des dix cargos avait sonné la fin de sa mission. A deux doigts d'appuyer sur la touche de mise en marche du processus d'autodestruction, Shane n'en suspendit pas moins son geste, les sourcils froncés. Il venait juste de s'apercevoir d'un tout petit problème : il ne lui était plus possible de ressortir du vaisseau. Les flammes provoquées par les explosions des cargos qui l'entouraient étaient devenues si gigantesques que, s'il n'avait eu la présence d'esprit d'enclencher les déflecteurs avant de commencer à tirer sur ses cibles, il y a déjà longtemps que son Alpha se serait transformé en un barbecue modèle géant.
    - Est-ce que tu serais capable de manœuvrer ce navire à toi seul ? lança Mark dans son brassard.
    - Ca, j'en ai pas la moindre idée. Mais de toute façon, poursuivit-il d'un ton désabusé, je ne crois pas que j'aie le choix. ... Mais toi, comment vas-tu faire pour rejoindre la Phoenix ?!
    - T'inquiètes pas pour moi, répliqua-il après avoir dû plonger derrière un tas de pierres pour éviter les retombées d'une nouvelle explosion. Tâches seulement de ramener ce vaisseau chez nous entier, ça nous permettra d'avoir au moins un appareil capable de leur tenir tête.
    Mark ne suivit qu'un instant du regard le vaisseau Alpha s'élever dans les airs avant de demander à son ordinateur d'aller se poser en dehors de la zone en feu et de l'y attendre. Puisqu'il ne pouvait venir le chercher au-milieu de cette poudrière, c'était à lui de débrouiller pour sortir d'une base encore sporadiquement secouée par des explosions. Mais de toute évidence, la chose était plus facile à dire qu'à faire.
    Non loin de là, curieux de savoir pourquoi le Phoenix avait quitté le champ de bataille aérien, le pilote de l'un des chasseurs décida de le suivre.
    - Il y a un appareil qui vient de se poser au nord de la base, lança-t-il par radio à une équipe au sol chargée de mettre la main sur les saboteurs. Il doit sûrement attendre quelqu'un, alors allez-y le plus vite possible !
    Forts de ces renseignements, les cinq miliciens lancés en direction du le Phoenix croisèrent très vite le chemin de son propriétaire. Ce dernier était sur le point de quitter l'enceinte de la base, mais les tirs lasers dont il fut aussitôt la cible le contraignirent à stopper sa course. Gênés par la fumée avec laquelle la luminosité des incendies formait une sorte d'écran opaque, ses agresseurs ne pouvaient pas plus que lui avoir une visé efficace, malheureusement, le danger de ce mitraillage en règle était suffisant pour l'empêcher de quitter le tas de gravas derrière lequel il s'était réfugié. La situation avait quelque chose d'absurde. Son appareil était posé à quelques centaines de mètres seulement et il lui était parfaitement impossible de le rejoindre.
    Après une série d'échanges pour le moins inefficaces, trois miliciens décidèrent de contourner un bâtiment à moitié détruit afin de prendre leur cible à revers et la déloger de sa cachette. A peine arrivés dans son dos, l'un d'eux tira. Dans sa précipitation, il rata son objectif et la salve ne pratiqua qu'un trou dans le tas de pierres derrière lequel il était accroupi. Mark fit volte-face, prêt à riposter mais, à cet instant, la réserve d'énergie d'un mirador posé à une cinquantaine de mètres fut atteinte par les flammes. La chaleur eut tôt fait de la faire voler en éclat, projetant dans un souffle puissant des centaines de débris dans tous les sens.
    Soufflés comme le reste tels de vulgaires fétus de paille, les quatre hommes furent violemment projetés en avant. Un nuage de rocaille de toutes tailles avait immédiatement suivi l'explosion, s’abattant sur eux comme une pluie d'orage. Tandis que les miliciens roulaient à terre, emportés par l’élan de leur chute, Cobra alla s’écraser contre le tas de gravas amoncelés derrière lui. Incapable d'amortir sa chute, sa tête cogna durement un morceau de mur. La violence du choc l'avait pratiquement assommé, pourtant il essaya de ne pas perdre conscience alors qu'il se laissait glisser le long du monticule de pierres pour finalement se retrouver à assis par terre.
    Conscient de l’impérieuse nécessité de récupérer au plus vite, il resta plusieurs secondes les yeux fermés, essayant de reprendre ses esprits. Lorsqu'il les ouvrit à nouveau, ce ne fut malheureusement que pour deviner à travers sa vue brouillée les pointes de deux mitraillettes laser braquées sur lui. Une seule idée fit alors surface dans ce voile engourdissant qui l'enveloppait de plus en plus : protéger les renseignements qu'il avait eu tant de mal à recueillir. D’un geste automatique, il pressa sur une touche de son brassard afin d'ordonner à son ordinateur de filer sans lui avant de sombrer pour de bon dans l'inconscience.


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Texte soumis à la Société Suisse des Auteurs en 1992
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Published by Sandy - dans Mes "oeuvres"
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